Lors du lancement du blog, j’avais pour projet (entre autres sujets!) de parler d’entrepreneuriat et d’entreprendre au féminin, ainsi que du quotidien et des challenges des professionnel(le)s de la communication et du marketing digital. Cet article publié aujourd’hui est le premier d’une série de portraits. Pour inaugurer cette galerie, j’ai proposé à mon amie et collègue, Blandine Dewynter, de se prêter au jeu de l‘interview, pour apporter un témoignage sur le quotidien (réussi à mes yeux) d’une maman entrepreneur.  

 Cela fait bientôt 10 ans que je connais Blandine (le temps passe décidément  trop vite !!). Nous nous sommes rencontrées au sein de la Chambre Professionnelle du Conseil de Midi-Pyrénées, lorsque je dirigeais mon propre cabinet de conseil en montage et management de projets européens, Syntagma Conseil. Nous étions alors les deux plus jeunes membres de cette association professionnelle. Mais ce qui nous a rapprochées allait bien au-delà. Blandine est quelqu’un de très professionnel, de profondément humain, toujours pleine d’idées et de bonne humeur. C’est vraiment une chance et un plaisir d’être à ses côtés. Nous avons travaillé ensemble, sur des opérations professionnelles au sein des commissions de la Chambre Professionnelle du Conseil, sur des réponses conjointes à des marchés publics, mais également sur des missions et montages de projets complexes, à coup de tasses de café jusqu’à deux heures du matin pour tenir le coup et rendre nos projets dans les délais impartis :).

Blandine a créé son cabinet, DEWYNTER Conseil, un an tout pile après la création du mien (mon précédent projet d’entreprise). Et contre vents et marées, Dewynter Conseil est toujours là, plus de 12 années plus tard. Entre temps Blandine est devenue maman, et elle continue d’enchaîner les missions et les déplacements professionnels. Je suis admirative de sa longévité et de sa persévérance et j’ai voulu connaître ses petits secrets !

 

Bonjour Blandine, merci mille fois d’avoir accepté de te prêter au jeu de l’interview ! 

Merci à toi de me permettre d’inaugurer cette série de portraits sur ton blog ! 

Quel a été ton parcours avant la création de ton entreprise ? 

Après mes études (classes préparatoires littéraires, licence et maîtrise de géographie, DESS en aménagement local et dynamiques territoriales), je suis partie deux ans au Niger en tant que volontaire de solidarité internationale. Ma mission : coordonner une équipe de 5 personnes autour d’un programme de développement local. De retour en France, après plusieurs mois de recherche active, j’ai signé un CDD de plusieurs mois dans un bureau d’études toulousain…

Pourquoi ce choix de créer ton entreprise ? Comment est né DEWYNTER Conseil, ton cabinet ?

A la fin de ce CDD, j’avais le choix entre deux options : 1/ poursuivre ma collaboration avec ce bureau d’études sous forme de prestation ; 2/ attendre que plusieurs conseils municipaux délibèrent pour financer un poste qui m’attendait déjà dans un syndicat des eaux d’Ile-de-France ; 3/ pointer à l’ANPE… J’ai opté pour la première option ! DEWYNTER Conseil a ainsi vu le jour à l’Urssaf des Hauts-de-Seine le 01 octobre 2007.

En quoi consistent tes prestations ? Qui sont tes clients ?

Depuis 12 ans maintenant, des organismes publics (services de l’État, collectivités territoriales, syndicats mixtes…) et privés (entreprises, associations, syndicats professionnels…) font appel à DEWYNTER Conseil. Leurs besoins, accompagnés au cas par cas, apparaissent tout au long du cycle de vie de leurs projets :  étude / diagnostic préalable ; montage / mise en oeuvre / évaluation de projets ; communication. Mes prestations sont détaillées sur mon site internet : www.dewynterconseil.fr.

A quoi ressemblent tes journées ?

Parfois, j’ai l’impression qu’il n’y a pas une journée mais deux journées ! Une journée “maman” (6 h 30 – 8 h 30 et 18 h 30 – 20 h 30) et une journée “femme active” (8 h 30 – 18 h 30, et souvent  21 h à tard dans la nuit…). Selon les périodes, il y a plus ou moins d’autres journées (journée “en couple”, journée “copine”…) qui se greffent, heureusement…

Qu’est ce que tu aimes le plus dans ton travail ?

Rencontrer de nouvelles personnes, découvrir des écosystèmes, échanger sur des problématiques complexes, analyser des situations, construire des projets adaptés… et, surtout, avoir l’impression d’aider les organismes que j’accompagne à avancer en leur donnant  de l’énergie et de la matière grise.  

Qu’est-ce qui est selon toi source de difficultés ? 

Pour la première fois en douze ans, j’ai ressenti, l’année dernière, une lassitude administrative… mais, heureusement, ces aspects ne représentent qu’environ 10 % de mon activité. Autre difficulté : jongler avec la vie personnelle quand les missions s’accélèrent à certaines périodes. Mais c’est le jeu et l’on ne se plaint quand l’activité marche bien.

En 2019, être une femme est-il un avantage ou une difficulté dans le monde de l’entrepreneuriat  ? 

Tout dépend des interlocuteurs que nous rencontrons. Honnêtement, je n’ai jamais eu l’impression d’être jugée professionnellement parce que j’étais une femme. Bien sûr que je ne suis pas toujours à l’aise quand j’anime une réunion dans des secteurs d’activité où les hommes sont majoritaires… mais une fois que les discussions débutent, que le propos enrichit le projet, les préjugés tombent.  

Quelle est l’importance du numérique sur ton activité ? 

Actuellement, pour concilier au mieux ma vie de famille avec ma vie professionnelle, je limite mes déplacements. Concrètement, je passe environ 80 % de mon temps devant mon ordinateur, dans le Gers, à dialoguer avec mes clients à Paris, Nancy, Saint-Flour… et avec des interlocuteurs d’autres pays européens. Sans le numérique, je n’aurai jamais pu structurer et organiser mon activité de la sorte. 

Quel est l’impact de ton site internet sur ton activité ?  

A l’origine, mon site internet (www.dewynterconseil.fr) me servait uniquement de vitrine ; une carte de visite virtuelle qui permet aux personnes que je rencontre et qui souhaitent en savoir plus, de mieux connaître les activités de mon cabinet. Depuis quelques années, il sert aussi de porte d’entrée à un certain nombre de structures qui cherchent à me contacter directement pour me demander une proposition d’intervention… 

Tu n’es pas que chef d’entreprise, tu es aussi la maman de deux garçons, comment as-tu concilié maternité et entrepreneuriat ? Que penses-tu de l’évolution du congé de maternité pour les travailleuses indépendantes ? 

Pour l’arrivée de mes deux garçons, je n’ai pris qu’une semaine de congé pour chacun avant leur naissance… J’avoue que je me serai bien arrêtée un peu plus en amont ! Après leur naissance, j’ai eu la chance d’avoir des clients prêts à attendre mon retour pour profiter un peu de mes petits bouts… Mais, bien sûr, difficile de disparaître trop longtemps des ondes ! 

Comment a évolué ton activité depuis l’arrivée de tes garçons ?  

Avant leur arrivée, je dédiais une partie de mon activité à des temps de formation (formation en présentiel ou formation en ligne), de réseautage (participation à des salons, conférences…) et de veille (lecture de revues, veille active sur certains sujets…). Aujourd’hui, dans mon organisation professionnelle, priorité aux missions, aux échanges directs, à la prospection et à la gestion.

Tes prestations peuvent parfois être un peu abstraites, comment est-ce que tu leur expliques ton travail ?

Petite, je me souviens demander à mes parents ce qu’ils faisaient et n’y rien comprendre… J’imagine bien que c’est aujourd’hui pareil pour mes enfants. Ils savent juste que maman travaille dans son bureau, sur l’ordinateur, écrit des choses et part souvent en réunion voire en déplacement quelques jours. Même s’ils sont très curieux, ils n’osent pas poser plus de questions (ce qui m’arrange bien 😉 !!).

Tu as pas mal de déplacements professionnels par périodes, comment t’organises tu avec tes garçons ?  

Quand je suis devenue maman, j’ai essayé de limiter les déplacements. Aujourd’hui, j’en fais moins qu’il y a quelques années mais quand il faut partir quelques jours à Paris ou à Arras, je n’ai pas le choix (et j’apprécie d’ailleurs ces moments en solo !). Je m’organise alors avec mon conjoint… L’organisation n’est généralement pas le souci premier. Le plus dur reste d’entendre ses enfants dirent “Maman, j’en ai marre que tu partes tout le temps. T’es jamais là. Pourquoi tu ne veux pas nous voir ?”… et de leur expliquer les raisons ! 

 Juste une dernière question, quelle est ta devise au quotidien ? 

Quand j’étais enfant, j’adorais écouter les histoires de mon grand-père qui me racontait, entre-autres, sa vie pendant la seconde guerre mondiale… Quand je lui demandais “Grand-père, qu’est-ce qui te donnait le courage à ce moment”, il me répondait “Tu sais, ma petite fille, l’essentiel est de rester droit dans ses bottes et de pouvoir toujours se regarder dans un miroir en souriant”. C’est ce que je m’applique à faire au quotidien en pensant à lui !

Merci Blandine d’avoir amené un peu de ta bonne humeur sur les pages du blog ! 

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